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10/ 11/ 2001: L' Art techniste aujourd' hui (par Fred Merry/ traduit de l' anglais par Patrice Levasseur)
« Technisme » un nom dont on commence à entendre parler depuis quelques temps déjà : Mouvement artistique parisien purement parachuté sur le Web à la fin des années 90, avant d' être rapidemment récupéré par le Japon, dans un premier temps.Son crédo était pour le moins ambitieux : Le technisme, terme dur il va de soi, et sa clique de peintres enthousiastes, porté par le survolté Ivan ËNELIA, clamait à qui voulaient bien l' entendre leur envie d' insuffler à l' Art un sang nouveau par l' utilisation de méthodes de travail révolutionnaires sans pour autant déposséder l' Art de ses valeurs d' antan. Qu' en est-il quelques années plus tard de ce mouvement qui a profité de l' arrivée d' un nouvel outil de communication internationnal pour balancer à outrance son message et sa philosophie ? Cette conception est-elle aujourd' hui toujours d' actualité ?
Certes, à coup sûr. La giffle techniste est arrivée de plein fouet sur tout ceux qui ont ironisés...un peu trop tôt. Le mouvement, comme toutes les tendances artistiques, a muri, et a su évoluer en fonction de notre époque.Il n' est plus surprenant à l' heure actuelle, de voir un artiste techniste dans la vitrine d' une galerie, même si la plupart des professionnels de l' art hésite encore : Le jugement général reste en ce domaine une pure question d' esthétique, avant d' être une question de réputation. Mais il faut laisser le temps au temps, le technisme est un mouvement jeune, et si vaste : Le travail par couche (peindre comme on travaille sur photoshop disent certains) n' est encore utilisé que par peu de peintres.
En tout cas, si il y a un retournement de situation particulièrement cocasse, c' est bien celui du leader, Ënelia : Effectivement, le peintre/ sculpteur prétendra avoir trouvé sa véritable voie avec sa fameuse série « Diskus », présentée un peu partout. Les fonds travaillés d' autrefois se métamorphosent en vide parcellé de disques colorés entrelaçés. Cette simplification de style a surpris un peu tout le monde, mais fut tout de même appréciée par beaucoup, et rejoint l' Art déco. Mais quel culot pour le premier artiste techniste de faire évoluer son mouvement de cette sorte. Les plus figuratifs du mouvement n' ont pas suivi. Mais qu' importe ! Le but d' Ivan Ënelia était en fin de compte d' aller plus loin dans son concept de faire rêver le spectateur (cher au mouvement d' ailleurs) en déclarant sa nouvelle collection de toiles « à vocation hallucinatoire »; On pourrait dire « hallucinogène ». L' idée de base est désormais poussée à son paroxisme. Mais reste le travail par couche ?
Il est finalement plus travaillé que jamais: derrière son côté symbolique attribué par l' artiste, le disque est en fait un pretexte à diverses démonstrations d' effets de superpositions et de relief (par la profondeur de champs, le vernis, la spacialisation, le conflit ou l' harmonisation des couleurs, etc…). Vu avec du recul, on retrouve tout à fait une texture de fond générale sur la plupart de ses toiles, tel une image de synthèse. Ce sont à présent les disques eux-même qui déterminent les diffèrentes couches. L' effet est garanti et l' idée d' Ënelia a vite été reprise par beaucoup d' autres (on peux citer ici le virulent Totocapt, spécialiste du noir et blanc). C' était le second temps fort du technisme…
Alors l' avenir, me direz-vous ? Il était le sujet de cette discussion mais attendait son heure pour se manifester : Dans une ère de conflit sociale, une époque de conflit technologique, une époque de conflit sexuel, pourquoi pas aussi quelques conflits artistiques ?? Le plus dur n' est pas de fonder un mouvement, même novateur, mais de resister à toutes les tempêtes et de le maintenir en forme. Le techniste, outre sa manière propre de travailler, oriente l' art à coup de poings sur la table : Cela n' est pas prêt de s' arrêter, il y a ceux qui sont pour et ceux qui râlent, qui gémissent, qui grondent, mais de moins en moins ceux qui se moquent. Pour calmer les esprits, la manière (semi-)forte a fait ses preuves, et il en résulte de toutes façons une forme d' Art à la facture interessante et vaste, mais très personnelle.
Gageons que l' influence portée par le technisme sur les artistes peintres et sculpteurs s' étende rapidemment sur les décorateurs, les architectes, et même, comme l' espère profondemment Ënelia, sur la publicité (à l' opposé du pop-art qui la parodiait mais ne l' influençait pas).
Je pourrais conclure par mon opinion personelle sur le sujet, car tout ceci n' était qu' une étude, un exposé.
Mais vous parler de ma vision des choses correspont-elle déjà à la philosophie du mouvement ? Disons simplement que j' appartiens à la catégorie de ceux qui demandent à en voir d' avantage. Discuter, informer, et inciter à réfléchir sur la question sont mes seuls intérêts pour le moment car le thème en vaut la peine : Soyons francs, il vaut mieux être du côté de ceux qui ont flairés quelque chose que du côté de ceux qui n' ont rien vu venir, quelque soit l' issue finale.
Cette longue interrogation doit donc en amener une autre, puis une autre et encore une autre…….
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